Primaires de la Gauche : Manuel Valls « veut donner un nouveau souffle aux Outre-mer »

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©Outremers360, Manuel Valls entouré de ses soutiens ultramarins (de gauche à droite: Dario Lutchmayah, Georges Patient, Victorin Lurel et Serge Letchimy)

Le candidat à la Primaire de la Gauche Manuel Valls a présenté à la presse ultramarine ce 11 janvier 2016 son programme pour les Outre-mer. Au total, il dresse 35  propositions  pour « donner un souffle à ces territoires».

« J’ai un cap: bâtir l’égalité réelle outre-mer et un avenir pour les ultramarins !  Donner un nouveau souffle par des politiques puissantes et innovantes qui doivent d’abord s’appuyer sur la réalité politique, économique, sociale et culturelle », a lancé l’ancien Premier Ministre. Lors de sa présentation de son programme ultramarin, Manuel Valls était entouré des parlementaires ultramarins et soutiens, Victorin Lurel, Serge Letchimy et George Patient mais aussi de quelques membres de son équipe de campagne dont  Dario Lutchmayah, représentant des ultramarins de l’Hexagone et de Didier Guillaume, son directeur de campagne.
Le candidat n’a pas hésité à dénoncer « les propositions dangereuses de certains de ses adversaires ».  Selon Manuel Valls, ces candidats portent « une vision réductrice et caricaturale des Outremer ». « On ne peut pas jouer avec l’avenir de 2,7 millions d’habitants. Quand j’entends Marine Le Pen dire qu’elle va supprimer la sur-rémunération des Outre-mer, c’est une faute morale et une erreur économique particulièrement grave. Quand Jean-Luc Mélenchon promet de supprimer les aides fiscales, cela veut dire qu’il va profondément déstabiliser le tissu économique de es territoires. Enfin, il est illusoire de croire que les 500 000 suppressions de postes de fonctionnaires de François Fillon ne toucheront pas les Outre-mer.»

Parmi les soutiens, Dario Lutchmayah, représentant des ultramarins de l'Hexagone (à gauche ) et Victorin Lurel

Parmi les soutiens, Dario Lutchmayah, représentant des ultramarins de l’Hexagone (à gauche ) et Victorin Lurel

Des propositions et un « calendrier en trois temps »

Ainsi, il décline dans un premier temps 35 propositions pour les  territoires. Manuel Valls entend sur le plan économique, mettre en place un fonds d’intervention d’égalité réelle outre-mer doté d’un milliard d’euros, qui couvrira trois secteurs essentiels: l’éducation, la gestion de l’eau et la santé. Le candidat souhaite également simplifier la défiscalisation pour soutenir les entreprises et en particulier les petites et moyennes entreprises, soutenir les filières d’excellence agricoles (bananes, canne) et la pêche.  Au niveau politique, Manuel Valls souhaite donner plus de responsabilités aux élus locaux en insérant les outre-mer dans leur propre environnement régional avec la création d’un Sécretariat d’Etat à la diplomatie territoriale. Dans son programme, Manuel Valls indique qu’il « supprimerait le 5ème alinéa de l’article 73 de la Constitution (dit « verrou Virapoullé ») qui bride les expérimentations à la Réunion et il renforcera la susbsidiarité et la capacité d’adaptation des normes dans les Outre-mer ».

Pour appliquer ces mesures, l’Ancien Premier Ministre-candidat à la primaire compte s’appuyer sur « un calendrier en trois temps ». D’abord, des mesures d’urgence économique et sociale pourraient être réalisées dans les 4 mois qui suivront l’élection ». Les propositions touchant à la réforme fiscale et au financement des investissements se feront dès la fin 2017 dans le cadre de la loi de finances pour 2018. Enfin les mesures à « moyen terme » seront distillées tout au long du quinquennat et  passeront par une loi-cadre sur l’outre-mer.

En cas de désignation comme candidat de la gauche et de victoire à l’élection présidentielle, Manuel Valls promet de réserver « ses premiers déplacements pour les territoires ultramarins ».

Le Programme outre-mer de Manuel Valls : 35 propositions pour un nouveau souffle outre-mer

 

Manuel Valls lors de la présentation de son programme à Paris© Outremers 360

Manuel Valls lors de la présentation de son programme à Paris© Outremers 360

Son avis sur la situation économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie

Concernant la sécurité, la Nouvelle-Calédonie a besoin d’apaisement. Cet apaisement doit être accompagné d’un engagement des forces de l’ordre sur le terrain avec la retenue nécessaire. La Nouvelle-Calédonie comme les autres territoires, a besoin de forces de l’ordre présentes sur l’ensemble du territoire .Cela me préoccupe et il faudra autant de moyens que nécessaire pour prévenir cette violence. Sur le processus politique et institutionnel, j’ai une crainte, une préoccupation, c’est le temps! Le processus électoral actuellement engagé (la présidentielle, les législatives, les sénatoriales) va ramener tout le monde à la rentrée 2017. Il restera peu de temps pour préparer le grand rendez-vous institutionnel (le référendum d’autodétermination de 2018, ndlr). Je pense que les forces politiques, sociales, culturelles et économiques de la Nouvelle-Calédonie doivent s’accorder sur les valeurs, sur ce qui les rassemble, sur la place de la Nouvelle-Calédonie dans l’Océan Pacifique, sur des projets communs. Enfin, pour assurer l’avenir de ce territoire, il faut aussi assurer le nickel qui fait partie de l’identité même de la Nouvelle-Calédonie. Il faut autant que possible conforter ce dispositif car il est lié à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie même si elle doit aussi diversifier son économie pour envisager son avenir.

Sur le Pacte d’Avenir de la Guyane:

« Je pense que les bases de l’accord existent. Il y des engagement financiers concrets qui doivent se conclure. L’Intérêt pour le Président de la collectivité de la Guyane, du Gouvernement et de l’Etat est que cet accord puisse se conclure avant l’échéance présidentielle. Il ne faut pas que le Pacte d’Avenir pour la Guyane soit un enjeu électoral au moment de la présidentielle et du renouvellement de l’Assemblée Nationale»

Sur la départementalisation de Mayotte

 « On peut avoir des débats sur le rythme mais il y a eu un vote à l’unanimité au Parlement. Les compatriotes mahorais ont fait un choix, il faut le respecter ! Ils se sont prononcés à plusieurs reprises et il suffit d’aller à Mayotte pour considérer cet attachement profond des Mahorais à la France. Je sais bien l’effort qu’il faut continuer à réaliser dans les domaines de l’éducation (construction d’écoles, de classes) et je n’ignore rien des problèmes de sécurité liée à l’immigration illégale. Dire qu’on pourrait revenir sur le choix fait par les Mahorais, c’est irresponsable. C’est surtout introduire un doute profond pas seulement pour ce territoire mais pour l’ensemble des territoires ultramarins ».

Catégories : Culture

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