Nouvelle Calédonie : « Fin mal géré ! », un spectacle d’humour politique décapant autour du référendum

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Après le succès de « Fin mal barrés ! » en 2018, Jenny Briffa, journaliste, autrice et documentariste, remet le couvert avec sa nouvelle pièce « Fin mal géré ! ». Elle campe avec satire les ressentis, les réactions, mais aussi la mauvaise foi des Calédoniens à trois mois du second référendum en Nouvelle-Calédonie.

Premier spectacle d’humour politique, « Fin mal barrés ! » est un one woman show interprété par Maïté Siwene, une jeune comédienne kanak, amie d’enfance de Jenny Briffa, qui a brillamment revêtu le costume de Michèle Wobama. Sa joyeuse présence scénique avait réussi faire rire les Calédoniens sur un sujet plutôt sérieux : le premier tour du référendum. Un pari osé sur l’archipel où les questions politiques font jaillir des réactions plutôt marquées. Mais ne peut-on pas tout dire par le rire ? Un biais qui a séduit 15 000 spectateurs, durant une tournée de 50 dates.

Et la suite ? Jenny Briffa la sert dans sa nouvelle pièce « Fin mal géré ! », mise en scène par Frédéric Andrau, coincé en Hexagone à cause des restrictions sanitaires liées à la Covid-19. Cette fois-ci, un one man show, avec le comédien Stéphane Piochaud qui joue un métis, Hussein Wobama, cousin de Michèle Wobama. À la veille du second référendum d’autodétermination, Hussein ne sait toujours pas quoi voté. Loyaliste, indépendantiste, ou « riendutoutiste », comme il est dit dans la pièce. Son choix sera dévoilé à la fin du spectacle, après avoir passé en revue et dit tout haut ce que les Calédoniens disent tout bas.

Pour l’autrice, interviewée au micro de notre partenaire Caledonia, « on ne se moque pas du référendum, il n’est pas question de décrédibiliser ce scrutin qu’on attend tous. Par contre, on va rire des postures que nous les Calédoniens on va avoir sur le référendum, de notre mauvaise foi.  Dans notre pays, on n’a pas cette culture là de se moquer publiquement du monde politique, par contre, en privé ou sur les réseaux sociaux, on ne s’en prive pas. Pourquoi ? Car dans notre société insulaire et traditionnelle, on a plutôt une culture de la déférence et de par notre histoire, avec les événements, la parole dans les médias et l’espace public était contrainte ou militante donc contrôlée ».

Jenny Briffa insiste sur l’importance de la liberté d’expression, dans une société figée dans ses clivages, où les tabous sont très présents. «  On me dit souvent que je suis courageuse pour dire tout ça, mais non, on est dans un pays libre, je ne risque rien. On n’est pas en Syrie, on n’est pas en Irak, il faut dédramatiser tout ça. Tant qu’on reste dans le cadre de la loi et qu’il n’y a pas de diffamation ». Jouée à guichets fermés au centre culturel Tjibaou à Nouméa du 25 juin au 5 juillet (avec déjà 4 dates supplémentaires), la pièce s’exportera ensuite en brousse dans le cadre d’une tournée.

Amélie Rigollet

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