KASSAV: Les chantres du Zouk ont 40 ans !

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KASSAV, le groupe leader de la musique des Caraïbes fête ses 40 ans à Paris La Défense Aréna à Nanterre ce 11 mai 2019 et gageons que ce sera à nouveau une page magique écrite par les populaires artistes des Antilles.

Un nouveau genre musical
On parle de chantres de la littérature comme des poètes tels que Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran-Damas, Guy Tirolien, Maryse Condé, Frantz Fanon et autres marqueurs de mots des Caraïbes, d’Afrique et d’ailleurs. EUX ! Ils ont réussi l’exploit de construire en musique le pont indestructible entre tous ces horizons.
En 1979, ils étaient quelques-uns, des pionniers à vouloir changer la face de la musique antillaise, au-delà de la cadence, de la biguine, et autres rythmes de chez nous. Ils étaient tels des mousquetaires, quatre : les frères Pierre-Edouard et Georges Décimus accompagnés de leur compère Freddy Marshall et un musicien de rock (à l’époque) Jacob Desvarieux.

Pipo, Jean-Claude & Georges

Ils font venir les meilleurs musiciens qu’ils connaissent, des chanteurs à la voix « bèlman chaloupé » ; ainsi on voit apparaître les Philippe Marthély, puis Patrick Saint-Eloi et Jean-Claude Naimro. Ce denier plus souvent occupé à jouer avec des artistes anglophones. Ils veulent « dépoussiérer » le patrimoine musical et créer le nouveau genre musical.
Puis, ce sont également les Cuivres d’exception et des musiciens talentueux qui forgent « l’ADN plus » du groupe comme Frédéric Caracas à la basse, Claude Vamur à la batterie et César Durcin aux percussions et enfin l’arrivée de Miss Jocelyne Béroard, d’abord au chœur et définitivement en lead en 1983.

Naissance du zouk
Il y a désormais un avant et un après Kassav ! Leur musique est celle que l’on entend le plus dans les soirées dansantes organisées à la maison du nom de zouk déjà dans les années 70. Un style qui change la configuration du monde musical antillais et qui force le respect parce que d’album en album ce sont des tubes incontournables qui marquent désormais de génération en génération.

Ainsi naît la musique ZOUK ! Avec les premières scènes au Zénith de Paris, ses leads, ses musiciens, et ses danseuses Catherine Laupa et Marie-José Gibon, Kassav débute l’écriture de leur extraordinaire légende. Un groupe qui naît véritablement grâce à un public qui lui sera dès lors, des années durant fidèle. Ainsi de décennie en décennie, Kassav reste le groupe phare de la Caraïbe.
Chaque show au Zénith de Paris a été une référence exceptionnelle. Kassav devient également pour le continent africain l’ensemble musical qui enchante et chavire les stades. Presque chaque année un tour du monde est bouclé, les emmène du Pacifique à l’Asie et notamment au pays du Soleil levant, le Japon.
Partout, ce sont des milliers de personnes qui scandent le nom de chaque musicien comme s’il avait été un dieu. Et on peut oser le dire qu’à nos yeux ils le sont devenus à force de talent et de générosité scénique.

© Migail Monlouis-Félicité

© Migail Monlouis-Félicité

Des séparations, mais une création intacte

Pendant ces années, ils ont tenu aux meilleures places des hits, ont été les meilleurs vendeurs d’albums. Mais quelquefois les plus jolies histoires sont ternies par des séparations. C’est d’abord leur premier manager Béatrice Fay qui s’en va. César Durcin aux percussions sera remplacé par Patrick Saint-Eli. Kassav quitte leur label Sony et un de leurs leaders, le créateur du zouk-love Patrick Saint-Eloi choisit de continuer sa carrière en solo. Les danseuses ne font plus partie du show. Et bien évidemment c’est une rupture forte qui change sensiblement la couleur musicale du groupe.

Mais passé le choc, cela n’enlève rien à leur création. Le groupe enregistrera son 14 ème album en 2004 avec le retour de Georges Décimus qui avait pris quelques années sabbatiques pour se consacrer à son groupe Volt Face au côté de Jeff Joseph, Kathryn Thélamon entre autres. Cette même année, Marie-José Gibon regagne le groupe pour les chœurs.

Un groupe fédérateur et un engagement identitaire

Une nouvelle ère Kassav, avec leur manager François Pinard, le groupe « cimenté » plus encore avec le jeune Thomas Bellon, les choristes Marie- Céline Chroné et Marie-José Gibon, le pianiste Philippe Joseph, les cuivres Claude Pironneau au saxophone, Fabrice Adam et Freddy Hovsepian à la trompette, Hamid Belhocin au trombone continue de sillonner le monde . Et leurs compositions évoluent à leurs images. Tout cela pétille d’un engagement identitaire et énergétique. Des chanteurs-lead, des musiciens, des choristes qui de plus en plus, dansent et magnifient le spectacle.

Les cuivres et Philippe Joseph

Kassav est un groupe qui fédère. Il vieillit avec excellence comme le « rhum labellisé ». Et le dire est une affaire d’affection comme Kassav nous le transmet depuis quarante ans… Ils sont à l’image des frères et des sœurs, des cousines et cousins, que l’on rencontre de temps en temps aux repas de famille, ou lorsqu’ils sont en escale au détour d’une rue du « péyi natal ». Ils sont pour nous des pédagogues parce qu’ils savent d’où ils viennent et transportent avec eux leurs histoires, nos cultures communes, celles de nos pays grandis à force de résistances. C’est tout cela qui leur donne leur légitimité : n’avoir jamais renoncé à porter notre langue créole au firmament et au-delà les frontières.

Au nom de notre mémoire et de notre patrimoine, Kassav a réussi son pari commencé il y a quatre décennies : mettre en lumière le « chanté kréyol ». Il y a définitivement véritablement une histoire de société à travers le parcours de Kassav. Il est à l’origine d’un genre musical qui a fait tant de fois le tour du monde et qui a mieux fait comprendre nos richesses culturelles.

Thomas Bellon

Le métissage « kassavien » irrigue le monde
Ils sont uniques, magiques et héritiers de cette résilience forte dont le peuple Antillais manifeste et dont il n’est point besoin ici d’en développer les causes.
Kassav est une signature « Gwadloup-Matinik » (ou vice versa) saupoudrée d’épices africaines, des sons rock et funky qui nous rallie aux autres d’où qu’ils soient. Le perfectionnisme joue encore, Kassav est une machine qui « tonne ». Voilà le métissage « kassavien »  qui est conforté par une salle multiculturelle à chaque concert.
Le tube « Zouk la sé sèl médikamen nou ni », est un hymne à une nation caribéenne qui se relie plus fortement au reste du monde et tout cela avec l’« ADN mizik », construit avec les sons d’antan et des résonances modernes qu’ils ont su combiner tels des alchimistes.

Mi Kassav

Le groupe français le plus connu au monde

Et nous y avons adhéré, des milliers d’esprits ne faisaient qu’un seul, et cela s’est accordé à chacune de leurs prestations, d’abord les premiers Zénith qui font d’eux avec leurs centaines dates de tournées le premier groupe français du monde.
Alors au bout du compte ils ont fêté leurs 10 ans au Zéntih de Paris, puis les 20 ans à Bercy, et les 30 ans au Stade de France pour enfin nous séduire aux 40 ans à La Défense Arena.

Et ceux d’entre nous, présents pour cet extraordinaire anniversaire, seront capables de comprendre le sens aigü de cette date du 11 mai 2019. Ce n’est pas un simple rendez-vous festif auquel nous nous rendrons, ce sera certainement une rétrospective de nos propres vies, de notre propre construction, où ceux avec ou sans enfants vont faire communion. Il y aura cet engagement signé avec eux, un contrat à renouveler ou à mieux définir en fonction de nos émotions ce soir-là.

Kassav est un label qui contribue au patrimoine culturel français. Ils sont aussi la France à l’étranger, le groupe francophone le plus connu au monde et leur palmarès en témoigne. De fait, encore une première pour eux en étant le premier groupe français à fouler la scène de La Défense Arena.
Le Zouk de Kassav fait frémir, fait réfléchir, fait dire. Le Zouk est une griffe universelle (…) « Qu’on se le dise ! ».

Migail Montlouis-Félicité

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1 Commentaire

  1. sakini

    petite erreur après la 2 eme photo ce n’est pas Frédéric Caracas à la basse au début mais George Decimus

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