La Mauricienne Ananda Devi, lauréate du prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs

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© H. Anenden

Le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs a été attribué dimanche à Saint-Malo à la Mauricienne Ananda Devi, pour son roman « Manger l’autre » (Grasset), qui raconte l’histoire d’une adolescente née obèse, qui mange, grossit et s’isole, ont annoncé les organisateurs du festival.

Conte de la dévoration et roman de l’excès, « Manger l’autre » est l’allégorie d’une société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur. Avec force et virtuosité, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui est notre miroir.
 Femme de lettres mauricienne, Ananda Devi est l’auteur de nouvelles, poèmes et romans parmi lesquels « Ève de ses décombres », « Le Sari vert » et « L’Ambassadeur triste ». Elle a reçu en 2014 le prix du rayonnement de la langue et de la littérature française, décerné par l’Académie française.Le prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs est décerné chaque année par un jury de lecteurs âgés de 15 à 20 ans.
Élevée au contact de plusieurs langues, ethnologue de formation, traductrice de métier, elle est sensible à l’imbrication des identités, aux contradictions de l’espace insulaire et à la question toujours brûlante de l’altérité. Ananda Devi est également présidente du jury du prix Littérature-monde depuis sa création.

Le prix Nicolas Bouvier, hommage à l’écrivain voyageur qui a accompagné les débuts du festival Etonnants voyageurs, a été décerné à l’écrivain polonais Andrzej Stasiuk pour son récit « L’Est » (Actes Sud). Espaces immenses, terres arides, paysages inchangés depuis des siècles, Stasiuk fait partager à ses lecteurs sa vision de l’Est. L’Est est aussi pour lui l’électrification massive de la campagne, l’exode des paysans vers la ville, l’industrialisation à outrance, le rêve brisé du communisme, le déracinement, ainsi que la Shoah, les déportations des minorités ou les déplacements de populations.
Figure de la littérature de voyage et de la non-fiction, Andrzej Stasiuk a souvent été comparé à Kerouac et Kapuscinski. Considéré comme le chef de file de la littérature polonaise contemporaine, il est à la fois romancier, poète, journaliste, et éditeur spécialisé dans les oeuvres d’Europe centrale.
Après des débuts littéraires remarqués au début des années 1990, il fuit la célébrité et Varsovie pour s’établir dans un petit village aux confins du sud-est de la Pologne.

Dans un « Appel de Saint-Malo », les auteurs, réalisateurs et artistes invités du festival ont par ailleurs exhorté dimanche la communauté internationale à créer un « principe d’hospitalité » des migrants qui deviendrait opposable aux Etats.
Ils dressent le constat d’un « désastre humanitaire qui accompagne des migrations d’une ampleur sans précédent », face auquel les « surenchères répressives qui tiennent lieu de politique des migrations » constituent « un déni de réalité ».
« À l’image du développement durable qui a permis de pondérer innovation et conservation, le principe d’hospitalité, régulateur des mobilités humaines, permettrait de pondérer exclusion et intégration et d’équilibrer les droits et devoirs respectifs des habitants humains de la Maison commune », écrivent-ils.

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