La Mairie de Paris rend hommage au Bataillon du Pacifique engagé dans les deux Guerres mondiales

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Bataillon du Pacifique ©Musée de l’Ordre de la Libération

Dans le cadre de son cycle de conférences « Hommage aux soldats ultramarins », la Mairie de Paris présentait, le vendredi 22 novembre, l’engagement du Bataillon du Pacifique. 

Pierre Thomas, délégué général à l’outre-mer de la Mairie de Paris, organisait ainsi sa troisième conférence-hommage après le succès des deux précédentes éditions consacrées aux aviateurs Guyanais de la Seconde Guerre mondiale et aux soldats Antillais de la Grande Guerre. « Ils sont partis pour défendre un idéal de liberté mais l’histoire officielle n’a pas suffisamment valorisé leur engagement », a-t-il rappelé. « Notre rôle est donc de faire ce travail de mémoire, de transmettre et de mieux faire connaître cette histoire ».

Première intervenante, Sarah Mohamed-Gaillard, maître de conférence en histoire contemporaine à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) a rappelé l’engagement des soldats calédoniens du Bataillon mixte du Pacifique durant la Grande Guerre tout en regrettant le manque de connaissance – et de reconnaissance – de cet engagement. « La place de l’outre-mer n’est pas considérée comme faisant partie intégrante de l’histoire de la France, en tout cas pas dans les programmes d’histoire actuels ».

Et pourtant, la participation de l’Océanie française à la Grande Guerre est remarquable compte-tenu du fait que les populations locales – qui étaient encore en grande partie sous le statut de l’indigénat – se sont portées volontaires pour défendre une France lointaine qu’ils ne connaissaient pas. « Invités » par décret du 12 décembre 1915 à rejoindre les fronts en Europe, plus de 1 000 recrues, dont 596 Kanak et 165 Polynésiens, se portent volontaires et forment le 4 juin 1916 à Nouméa le premier contingent du Bataillon des Tirailleurs du Pacifique.

Ils combattent dans l’Aisne, l’Oise et la Champagne. Des renforts quittent Nouméa le 3 décembre 1916 puis encore le 10 novembre 1917. Dans le village de Vesles-et-Caumont dans l’Aisne une plaque commémorative rend ainsi hommage aux 10 Tahitiens et 37 Calédoniens tués lors de sa libération. Le premier Bataillon du Pacifique est dissous en … 1919.

« Comme on peut l’imaginer, au-delà des terribles conditions de la guerre, nos volontaires du Pacifique souffraient encore plus du froid, des maladies et de l’éloignement. En Calédonie, ce sont 25% des hommes qui ont été mobilisés ou se sont portés volontaires, vous imaginez l’impact économique et social de cette absence sur la vie de l’archipel », souligne Sarah-Mohammed Gaillard. « À leur retour, les promesses qui leur avaient été faites n’ont pas été tenues et le statut de l’indigénat a perduré jusqu’en 1947 ».

Le Pacifique premier rallié à la France Libre

« Lors de la Seconde Guerre mondiale, les lointaines possessions françaises du Pacifique sont les premières à répondre à l’appel du général de Gaulle », rappelle Christian Vernaudon, représentant de la Polynésie française au CESE (Conseil économique social et environnemental). Dans son Appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle le souligne : « La France n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle ». Le 22 juin les Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu) rejoignent la France Libre suivies le 2 septembre des Établissement Français d’Océanie (EFO, devenus Polynésie française) et de la Nouvelle-Calédonie le 19 septembre.

MAIRIE INTERVENANTS VDEF

300 volontaires Tahitiens sous le commandement de Félix Broche quittent Tahiti le 21 avril 1941, rejoignent les volontaires Calédoniens à Nouméa et gagnent l’Australie d’où ils s’embarquent pour Suez. Le Bataillon du Pacifique combat en Égypte, en Palestine et en Syrie. Le Bataillon s’illustre notamment lors de la célèbre bataille de Bir Hakeim contre l’Afrika Korps du maréchal Rommel, dans la prise du Monte-Cassino en Italie début 1944 puis lors du débarquement en Provence le 15 août 1944.

De l’engagement familial à la transmission de l’Histoire

Pouvana’a a Oopa, Edmond Peltzer, Marcel Marcantoni Oopa, Albert Colombani, Etienne Colombani : une même famille, un même engagement pour la défense de la mère patrie. « Lors de la Première Guerre mondiale, mon arrière grand-oncle, Pouvana’a a Oopa et mon arrière-grand-père, Edmond Peltzer, s’engagent dans le Bataillon du Pacifique », témoigne Titania Redon, directrice de la communication outre-mer du groupe SUEZ.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marcel Marcantoni Oopa, le fils de Pouvana’a rejoint le Bataillon du Pacifique, Albert et Etienne Colombani mes grands oncles, sont sélectionnés dans les commandos anglais et font partie des fameux « Free French SAS » du colonel Bourgoin. Ces SAS sont parachutés le 5 juin 1944 en Bretagne puis combattent sur la Loire, dans les Ardennes lors de la célèbre bataille de Bastogne avec la 101ème Airborne avant de participer à la libération de la Hollande ».

« Au-delà de la fierté familiale, je regrette – comme l’ont rappelé Sarah et Christian – que l’engagement et l’histoire des outre-mer ne soit pas davantage connus. Rencontrer les Anciens qui nous restent et leurs familles fait partie de l’hommage et de la reconnaissance que nous leur devons. J’ai par ailleurs la très grande chance de pouvoir, dans le cadre de mes fonctions, promouvoir cet engagement grâce aux « Histoires d’outre-mer » de notre magazine Itinéraires d’outre-mer, en partenariat avec l’office national des Anciens combattants (ONACVG) ».

Pour conclure cette conférence, Pierre Thomas a rappelé à quel point il est primordial de faire connaître cette histoire et de la transmettre aux prochaines générations pour que nous comprenions tous que la liberté et la paix ne sont jamais définitivement acquises.

AFFICHE DE LA CONFERENCE DU 22-11 Le Bataillon Mixte du Pacifique dans ...

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