Emmanuel Macron attendu à Saint-Martin un an après le passage d’Irma

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© Préfecture de Guadeloupe

Le chef de l’Etat avait promis à la population en souffrance qu’il reviendrait un an après : Emmanuel Macron est attendu ce samedi à Saint-Martin, ravagée les 5 et 6 septembre par l’ouragan Irma, alors que la population cède à l’impatience et au découragement.

D’une intensité sans précédent sur l’Atlantique, avec des vents de plus de 350 km/h, Irma a fait 11 morts à Saint-Martin et endommagé 95 % du bâti. Venu pour la première fois une semaine après la dévastation, alors que les secours étaient à pied d’œuvre, le chef de l’État arrivera sur place en début d’après-midi (20h00 heure de Paris), après avoir posé la première pierre du nouvel hôpital de Guadeloupe. Il s’était engagé à revenir un an plus tard, « parce qu’il sait que (…) c’est la période de l’impatience et du découragement », a expliqué l’Élysée.

Une reconstruction en cours mais des retards importants

Dans le quartier de Concordia, Pascaline est en effet amère : « Nous on aurait aimé être plus soutenu (…). Ça fait quand même un an, rien n’a changé, mais par contre il y aura une superbe préfecture qui sera installée (Emmanuel Macron doit l’inaugurer samedi soir), juste en face d’un collège qui n’est même pas bien structuré pour accueillir les enfants de Saint-Martin. Ce n’est pas normal ! ».
Dans l’île où les maisons n’étaient pas toujours aux normes, les dégâts ont été très importants et les stigmates de l’ouragan sont encore présents, comme le prouvent les logements encore non reconstruits, et les toitures toujours bâchées. La reconstruction est en cours mais les retards sont importants, notamment pour les établissements scolaires et les résidences des bailleurs sociaux.
Françoise, commerçante à Marigot, considère le président « un peu comme un banquier qui va aider une société à se redresser, (…) je trouve que si des personnes de Saint-Martin font des reproches, ça serait malvenu ».
Pourtant certains évoquent à demi-mot, pour expliquer les retards, « une affaire de gros sous » entre les aides promises par l’État et la faible capacité financière de la Collectivité. « La Collectivité dit qu’elle n’a pas d’argent et l’État explique que ce n’est pas sa responsabilité », explique un professionnel de l’hôtellerie sous couvert d’anonymat.

« Engagements tenus »

L’État avait notamment débloqué des aides exceptionnelles de plusieurs dizaines de millions d’euros à la suite de l’ouragan. Un plan de chômage partiel spécifique a aussi permis de « conserver plus de 9.000 salariés dans l’emploi », pour un coût estimé à 75 millions d’euros d’ici fin 2018.
« Nous, nous avons tenu nos engagements », a déclaré vendredi Emmanuel Macron à la télé Guadeloupe la 1ère. Mais il souligne le « choix » des Saint-Martinois « d’avoir une forme d’autonomie. (…) L’État ne se substitue pas aux collectivités » et « n’est pas responsable de tout ». « Dès qu’il y a un problème, il ne faut pas que ceux qui ont les compétences se défilent », a-t-il dit.
« Irma a été le révélateur de dysfonctionnements préexistants », estime le délégué interministériel à la reconstruction, Philippe Gustin. Il souligne notamment la situation souvent précaire de la population, la division du territoire entre les parties française et néerlandaise qui ne facilite pas l’application des réglementations, et l’absence de règles d’urbanisme avant l’ouragan.
Pour Saint-Martin et sa voisine Saint-Barth, le coût des dommages d’Irma a été estimé à trois milliards d’euros, dont près de deux pour les biens assurés. À l’heure actuelle, seulement 68 % des dégâts assurés ont été indemnisés, soit 1,27 milliard d’euros. Des retards de paiement qui ont aussi ralenti la reconstruction, tout comme le difficile acheminement des matériaux et le manque de main-d’œuvre qualifiée, dans un secteur du BTP débordé.

Avec AFP

Catégories : bassin-atlantique-Appli

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